Le marketing sonore et le design musical font des victimes…

J’ai reçu hier un email étonnant, mais intéressant d’une personne qui vit mal le travail autour de l’identité musical de certaines marques. Cette personne m’a demandée de rester anonyme et par souci de respect, je ne citerai pas les marques dont il s’agit. Néanmoins, pour ces deux marques, nous y sommes confrontés très régulièrement, pour ne pas dire tous les jours…

Je cite donc mon interlocuteur : « bonjour monsieur, peut être m’apportez vous une solution. je voudrais aussi vous prévenir des nuisances perverses de ce type de marketing. […]
il [le stimulus musical] a été si gênant (persistance sensoreille, j’ai le syndrome d’asperger), que après avoir tenté de ne pas y porter éxagéremment attention un premier temps j’ai accumulé les stimulus, et que j’ai été perturbé pendant des mois (problèmes de sommeil et de concentration), […]. que c’était bien avant le marketing sonore!

le marketing sonore fait des victimes aussi, ce sont des handicapés qui resteronts silencieux mais couteronts alors plus cher à la société, perdreont de l’autonomie, et cela bien sur sans qu’ils fassent des démarches d’envergure pour faire changer les choses, faut pouvoir: pour moi cela a signifié vivre beaucoup plus isolé, ne plus voyager. […] il y avait en effet 3 stade pour le jingle :
le jingle « tout bête » (3 notes simplement)
le jingle « travaillé, artistique » apparu dans les années 1993 je crois
le jingle « typique neuro marketing », en 2005, qui apporte cette nouveauté de perturber le « centre » du cerveau.
avant 2004 on trouvait le jingle gênant simplement par ce que c’était bruyant: c’était neutre, même avec la vesrion artistique.
[…] il y a bien un problème avec le nouveau qui concerne bien les gens « normaux » car il se produit un clivage: une minorité de gens n’entendent pas consciemment (ils sont anesthésié par la manipulation) et ne sont pas gêné, d’autre se sentent agressés, pas au point de faire des démarches ni d’écrire un courrier, il y a tant de chose à faire…[…]

étant donné mon handicap sensoriel (sydrome d’asperger), je suis hypersensible à ce style d’agression, qui m’ a rendu la vie sociale trop insupportable… la différence (selon le psychiatre) est que si je suis stimulé, j’ai conscience à la fois du cerveau primaire et du préfrontal, l’incohérence des deux engendre un conflit qui peut aller jusqu’à une sorte de tétanie, ce qui m’empêche de marcher en utilisant les réflexes normaux (il me faut alors réfléchir à chaque pas), de décider, de cordonner des mouvement.

[…] Du moment qu’il y a manipulation coercitive (même si c’est inconscient c’est coercitif quelque part) il y a contrainte de fond et cela ne sera pas supporté indéfiniment. je suis simplement plus sensible à ce qui finira par gêner les gens « normaux » dans quelques années. Je pense que cela va un jour faire un ras le bol qui va déclancher une contre réaction… si les gens se « sentent apaisé » artificiellement et qu’il ne le sont pas en réalité, cela engendre un conflit interne, un déséquilibre. le marketing sensoriel à mon avis rend fou à long terme.

je ne sais pas quel est votre champs d’action dans tout cela, conseillez vous, concevez vous, ou informez vous simplement? merci pour votre travail d’information en tout cas. j’essaie actuellement de comprendre comment ce jingle […], et quelques autres agissent… pour pouvoir peut être un jour les désamorcer mentalement et aller de nouveau dans la société sans être en état de stress intense.

j’espère que tout ceci remontera. il ne me semble pas que les autres aspergers soit très gênés, ils ont vérouillé leur cerveaux sur des « obsessions » selon le processus classique de défense autistique. peut être descendre plus profond dans l’autisme sert à moins souffrir. mais il est dur d’avoir été social (fruit de 8 ans de centre de réadaptation) et de se renfermer. les techniques de marketing pourtant semblent imposer cette stratégie de repliement en dernier recours…

il y a encore une solution, c’est de me ballader avec un casque pourvu d’un générateur de bruit pour devenir totalement sourd… mais il y a besoin, quand on voyage de communiquer, d’écouter, et vous imaginez les conditions… et le marketing sonore envahi peu à peu les rues. il n’est pourtant pas nouveau de sonoriser, mais il y a un quelque chose qui a changé dans la structure sonore des jingle qui titille trop bien le cerveau primaire. »

En tant que spécialiste de ce secteur, il est évident et avéré que la musique impacte effectivement le traitement d’information de l’individu (voir article précédent). Néanmoins, il est très difficile de se prononcer en l’état sur le témoignage qui est arrivé dans ma boîte email. Je trouvais cependant intéressant, voire utile, puisqu’on me le demandait, de faire remonter cette information qui pourra peut être intéresser les spécialistes en neuro-sciences et en sciences cognitives.

Si vous souhaitez réagir, ou si vous connaissez des symptômes similaires, n’hésitez pas à laisser des commentaires…

À propos

Je suis professeur de marketing à NEOMA Business School et chercheur au laboratoire CNRS DRM-DMSP (UMR7088) de Paris-Dauphine. Associé fondateur de l’agence de communication sonore et de design musical AtooMedia, je suis également Business Manager de la société Mediavea, experte en sonorisation de magasins.Diplômé en 2001 de TELECOM Ecole de Management (ex- INT Management) et d’une maîtrise en sciences de gestion, j’obtiens un doctorat ès sciences de gestion à l’Université Paris-Dauphine en 2007.

Publié dans Marketing sonore, design musical, identité sonore
2 comments on “Le marketing sonore et le design musical font des victimes…
  1. Moi aussi ! dit :

    J’ ai aussi le syndrome d’ Asperger.
    J’ ai réduit au strict minimum mes activités dans certains lieux (supermarchés, gares, etc.) où l’ ambiance sonore est insupportable. C’ est à dire que je ne me rends dans ces lieux que si je ne peux pas faire autrement, et que je vis en ermite le reste du temps. Ce n’ est pas seulement parce que je suis autiste que je m’ isole du monde, mais plutôt parce que, du fait de mon handicap, j’ ai un systéme sensoriel hyper-développé, et que dés lors les divers et nombreux stimuli du monde extérieur me rendent malade.
    J’ adore voyager en train, mais les agressions sonores dans les halls de gare sont de véritables supplices pour moi.
    Sachez qu’ il m’ est totalement impossible de téléphoner dans un hall de gare, parce que ces nuisances sonores m’ assourdissent littéralement, au point de ne pas parvenir à distinguer les paroles de mon interlocuteur. Je ne parle pas de téléphone portable, mais de cabine téléphonique (je ne sais même pas si cela existe encore dans les halls de gare).
    Mais le plus grave est que ces stimuli sonores, qui sont de véritables agressions ayant sur moi (et sur beaucoup d’ autres Asperger, je pense) des effets mentaux et physiques extrêmement pénibles (angoisses, accélération du ryhtme cardiaque, irritabilité, déprime…) perturbent tous mes sens (auditif, visuel, tactile, etc. ) et provoquent un certain nombre de désagéments. Par exemple, je perds le sens de l’ équilibre, je ne parviens plus à marcher normalement, ni à réfléchir, ma vision se trouble, etc.
    Pour compenser ces troubles (et garder mon apparence de normalité)je dois utiliser une énergie mentale considérable, ce qui entraine alors un épuisement physique, qui lui-même engendre d’ autres troubles.
    Je trouve inadmissible de devoir subir ces jingles abrutissants, horripilants et dangereux pour ma santé, dans des lieux où il y a déjà tant d’ agitation et de bruits inévitables.

  2. idem dit :

    J’ai le même souci. Je n’aurais certes pas su développer aussi finement mais c’est vrai que les halls de gare résonnent épouvantablement alors rajouter à ça et aux bruits sonores ambiants et incontournables ces jingles rajoutent au stress et à la fatigue. Je ne voyage plus guère non plus, en partie à cause de ça. Partir en vacances (par exemple) est devenu vraiment pénible. Beaucoup du plaisir et de la détente attendus est gâché par ces nuisances sonores.

    Plus la mauvaise éducation de beaucoup qui vous imposent des conversations ineptes – téléphones portables -, plus le fait de ne plus pouvoir fumer du tout, dans aucun wagon (la cigarette est poison, soit, mais aussi un bon anti-stress + une bonne raison de se dégourdir les jambes lors de longs voyages).

    J’adorais voyager en train. Je l’avais toujours fait.
    Je ne le fais presque plus, en partie pour ces raisons sonores et acoustiques qui gâchent tout le plaisir du voyage en train.

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